Elle avait un nom prédestiné.
dimanche 27 avril 2008
La semaine de l'archéologie

Oui, Messieurs, l'archéologie est remise au goût du jour. Et c'est tant mieux.
Le 22 mai va sortir le film le plus exictant de l'année. Le 4ème volet de ce qui est, à ce jour, la plus extraordinaire des trilogies cinématographiques jamais réalisée (Retour vers le Futur et Le parrain c'est bien...Mais Indy les fouette). Bref, ce sera l'occasion pour nous de vouloir changer d'orientation pour tous se reconvertir dans l'archéologie.
Et puis, le 21 mai, il va se passer quelque chose. Il s'agit encore d'aventure et de chasses aux trésors. Il s'agit encore de réactualiser d'anciennes icônes un petit peu dépassées ces derniers temps. le 21 mai, "Trésors enfouis volume 2" des Sages Poètes de la rue sera dans les bacs. On ne sait pas encore trop quoi en penser. Au vu de Beat de Boul 3, on se dit qu'on serait déjà heureux que ce deuxième volume atteigne le niveau du premier. Et puis des choses nous permettent d'espérer. Tout d'abord, l'inusable Dany Dan. Ce type était en avance en 95. Il n'a même pas eu besoin d'évoluer. Impossible de faire autre chose que bouger la tête quand il débite ses vers. Ce type est un génie sur qui le temps n'a aucune emprise. Et puis, Zox, malgré une attitude quelque peu incompréhensible parfois, reste Zox. Il n'y a qu'à écouter son couplet sur le dernier album de Swift Guad pour s'en convaincre. Sans oublier Melo P, Calimelo, celui dont tout le monde voudrait se dispenser alors qu'il est indispensable. Qu'il ressorte sa MPC et ses vynils chopés à Londres. Le reste suivra tout seul.
Indiana Jones, les Sages Po, même combat.
dimanche 20 avril 2008
Pour les fous du détail

Au hasard de vos longues nuits d'errance sur le web, vous êtes peut être déjà tombé sur ce blog .
En tout cas, voici un article que j'ai fait pour detailsmatter et qui est paru en début de semaine dernière.
Malgré les dires de Booba, IAM n’est pas encore de l’Antiquité. Du moins, les membres du groupe s’évertuent à prouver le contraire. Près de 20 ans après la tape « Concept », Iam est encore là et a sorti un 5ème album en 2007. Si le disque m’avait paru quelque peu déroutant au départ, une écoute un peu plus approfondie avait fini par me convaincre que « Saison 5 » aurait mérité un accueil un peu plus chaleureux à sa sortie. Justement, un des sons les plus décriés de leur dernier album est sûrement Coupe le Cake dont le style a désarçonné plus d’un auditeur. Seulement, en visionnant le clip pour la première fois, une chose me frappe. Il ne s’agit pas des bruitages posés à la place des rimes ou des multiples effets du clip dont le réalisateur a sûrement abusé. Non, ce qui m’alertait était le couplet de Shurik’n et cette phrase dont je n’arrivais pas à me défaire : « Y a Haribo pour le sucré, nous on donne dans l’acide ».
Soudain, je me suis rappelé de certaines discussions que j’avais eu avec un ami. A plusieurs reprises, nous nous étions rendus compte que Shurik’n avait tendance à user de certaines « métaphores alimentaires ». Mais finalement, ces références étaient elles aussi présentes qu’on le pensait ou avions nous surestimé le phénomène ? Je décidai donc de me replonger dans les différentes apparitions de Shurik’n et Dieu sait si elles sont nombreuses. Finalement, il est clair que le rapport de Geoffroy Mussard à la nourriture tourne à l’obsession. Alors, facilité d’écriture ou véritable angoisse à l’idée de pouvoir un jour ne pas manger à sa faim ?
Qu’elles soient discrètes (« Le mangeur d’âmes à chaque repas s’abreuve de nos rancœurs » sur La fin de leur monde ) ou qu’elles soient des éléments marquants des couplets de Shurik’n (« Alors on mangeait pas tous les midis, les pates ou le riz c’étaient les soirs de fête, sinon c’était döner cousin, sauce blanche, sans oignons, 2 cannettes » sur Nos heures de gloire), le rapport à la nourriture, qu’il se manifeste par l’évocation du repas, de simples aliments ou qu’il soit là pour illustrer la misère dans laquelle vit toute une frange de la société française, est toujours extrêmement présent.
Souvent, la nourriture est là pour signifier le contraste entre la France d’en haut et celle d’en bas pour reprendre l’expression consacrée d’un ancien Premier Ministre au faciès de mafieux. Qu’il s’agisse « d’images trop crues pour un beauf devant sa viande trop cuite » (La fin de leur monde) ou des « plus jeunes émerveillés par tant de billets, le genre de gâteau qu’ils ne se lassent pas de goûter » (L’enfer), il s’agit constamment de dénoncer l’abondance dont jouissent certains et les restes laissés aux autres, aux « nôtres » (« On parle de gastronomie, les nôtres crèvent la dalle » sur United). Mais le contraste en question est également culturel comme Shurik’n le souligne sur United lorsqu’il dit « On parle de riz, d’harissa, eux parlent vin et fromage ».
On a le sentiment que ces métaphores agissent comme un déclencheur sur Shurik’n qui peut ensuite laisser son écriture, que d’aucuns qualifieraient de « socialement engagée », s’exprimer pleinement. Qu’il soit en collaboration sur des projets extérieurs à son « clan » marseillais (« Elevés au pain même pas grillé » sur Animalement votre), avec IAM (« Pourquoi lui se gave de saumon sur lit de caviar ? » sur Nés sous la même étoile) ou en solo (« « Les gosses croquent la mort à pleines dents comme dans une barre de Lion, les carries c’est rien, on s’en remet et puis un jour tu mords trop fort et là tu perds ton dentier sur ton pallier » sur Rêves ou « Les personnalités mangent, laissent les miettes et prennent l’argent pour un élixir d’immortalité » sur L.E.F), la récurrence du thème est troublante.
Encore plus édifiant, sur J’attends, il met en scène dans son 3ème couplet un prisonnier qui vit son dernier jour avant d’être exécuté. Et la manière dont il commence son couplet est sans équivoque : « Dernier matin, dernier déjeuner, dernière tartine beurrée ». Là encore, on comprend l’importance de l’alimentation dans l’imagerie de Shurik’n. Pour bien nous faire comprendre à quel point il est important de pouvoir manger sa faim, il insiste sur les dernières bouchées du condamné à mort. Pour celui qui aime « les proses comme les pates al dente » (Oncle Shu), on comprend alors mieux la signification de phrases telles que « pense à ceux qui vivent au foyer avant de grimacer devant ta purée » sur La Lettre.
« De boîtes de conserve en boîtes de conserve » (Rêves), Shurik’n livre des textes souvent désespérés semblant proposer une logique relativement binaire des choses. Il y a « nous » qui sommes dans le besoin permanent et il y a « vous » qui « nous » mettez constamment des bâtons dans les roues et monopolisez tous les avantages. Shurik’n, s’il a sûrement acquis un niveau de vie relativement confortable avec le temps, se sent membre à part entière de la première catégorie. Cela fait-il écho à une enfance difficile dans laquelle Shurik’n aurait dû se priver ? Sûrement si l’on écoute celui qui semble avoir peur de finir « chaque soir finir dans un deux pièces meublés, lassé par le pain quotidien, marre de cette tranche de vie racie » (Y a pas le choix). Ainsi, sa phrase sur La lettre semble confirmer cette hypothèse : « J’étais pas en guenille non plus mais au goûter y avait pas de pépito ».
Cette liste d’exemple n’est même pas exhaustive. En effet, une bonne vingtaine de références du même acabit pourrait encore être mentionnées. Alors, facilité d’écriture ou véritable angoisse à l’idée de pouvoir un jour ne pas manger à sa faim ?
[Merci à danydaz187 et à nos longues discussions]
samedi 19 avril 2008
Tu connais le rap de rue ? Tu connais pas le rap de rue !
C'est bon. Faîtes passer le message à tous ces rappeurs dits de "rue": Prenez votre retraite. Rangez les mics et vos synthés déglingués. Oubliez vos insultes gratuites et vos clips réalisés caméra à l'épaule.
Vous ne ferez jamais mieux que ça.
"J'rêve d'un palaaace, aux Bahaaaamas, pour l'instant je ramaaaase les chiens de la caaaassse".
vendredi 18 avril 2008
Le Wu Tang est mort. Vive le Wu Tang !
C'est clair, le Wu c'est fini. Tant mieux. 8 diagrams met clairement fin à la fabuleuse histoire du groupe et on ne voit pas comment il pourrait se réunir à nouveau.
On sait la difficulté qu'a eu RZA a rassembler les membres du groupe pour ce dernier album. La preuve en est avec les 2 clips déjà parus dans lesquels on ne voit, à aucun moment, les membres du groupe ensemble.
Et pourtant 8 diagrams est bon, très bon même. Peu importe les conditions dans lesquelles il a été réalisé, l'album contient largement son lot de pépites. Peut être que le manque de conviction de certains à se lancer dans ce projet les a poussé à offrir des couplets sans fioritures, classiques. Ca tombe bien, c'est ce que les fans demandaient, du Wu tang classique.
Nouveau clip avec "The heart gently weeps" mis en image. Un sample des Beatles, Erykah Badu au refrain et des couplets wutangclanien. Si on ne voit que RZA, qui semble se démener pour tenter de donner encore l'impression d'une improbable unité au sein du Wu, l'imagerie asiatique est toujours présente et les images très belles.
Allez, on se replonge tous dans 8 diagrams.
jeudi 17 avril 2008
The return of the MC

C'est vrai que la pochette a l'air d'annoncer la prochaine comédie de Martin Lawrence réalisée par John Whitesell. Il n'en est rien.
Il s'agit du retour du rappeur de Pee. Prodigy. Le rappeur qui a marqué le rap américain de son empreinte tout en changeant le rap français à jamais.
Ressortez les violons et rangez vos décapotables. Enfilez vos Timberland parce qu'il va sacrément pleuvoir sur la planète Hip Hop. La "Sombritude", comme dirait Nubi, est de retour.
"Return of the Mac" sorti l'année dernière était bien. Rien à dire. Gros boulot d'Alchemist qui a mis Pee en orbite pour nous servir de nouvelles pépites lyricales. "Mac 10 handle" quoi. Ce projet, c'était soulful. New Yorkais mais tout de même différent de l'ambiance caractéristique de Mobb Deep et d'H.N.I.C.
Faîtes désormais place à H.N.I.C part II, successeur du premier album archi classique. Inutile de tergiverser pour savoir si la suite est meilleure, moins bonne, aussi bonne que le premier opus. Après quelques écoutes, on peut juste dire que cet album est le digne successeur du premier. Et "ABC" est sans aucun doute le meilleur morceau de l'année 2008.
Parce que je suis un type bien et que cet album doit être acheté, je ne mettrai pas de lien pour télécharger l'album entier (et puis ça se trouve très facilement en plus). Je me contenterai de poster seulement 2 morceaux, un produit par Sid Roams (le vrai producteur de cet album) et l'autre par Alchemist.
Click Clack
Veterans Memorial II
The Champion is here.
mercredi 16 avril 2008
Dieudonné est un petit joueur
La vidéo de Dieudonné chez Fogiel, vous vous en souvenez n'est ce pas ? Celle qui a suffit à évincer littéralement Dieudonné de l'espace médiatique à cause d'un "Heil Israel" que personne n'a vu mais que tout le monde s'est empressé de condamner. Et bien, cette vidéo, en terme de provoc, c'est petit. Je vous assure, on faisait carrément dans le gros oeuvre dans les années 80.
La preuve en images. Et Desproges est une gloire nationale, pas un comique désavoué obligé de jouer dans un théâtre du 11ème arrondissement ayant une capacité de 300 places pour continuer à se produire.